NY Art Book Fair

10 Nov

Ce week-end se tenait dans les locaux du PS1, une des ailes du MOMA, la cinquième édition de la NY Art Book Fair. Je me suis portée volontaire pour y travailler un après-midi. L’occasion pour moi de rencontrer des éditeurs, des libraires, des artistes et de lire de très beaux livres.

La NY Art Book Fair est organisée par Printed Matter, une association à but non lucratif dédiée à la promotion des livres d’artistes. Elle réunit dans les magnifiques locaux de PS1 plus de deux cents artistes et éditeurs du monde entier, la plupart à but non lucratif eux aussi, pour trois jours de débats et d’exposition. Quelques français étaient présents, notamment les productions de la Galerie du Jour d’Agnès B. Les magazines d’artistes étaient grandement représentés.

Ces trois jours sont l’occasion de montrer la vivacité de la production artistique et aussi le dévouement de tous ces gens qui s’acharnent à publier des livres d’artistes malgré l’absence de profit. La plupart de ces livres s’adressent à un public très spécialisé, ou très connaisseur, et ne sera imprimé qu’en petit nombre. Cependant, il se dégageait de l’atmosphère générale un optimisme et une passion que n’ont pas les plus grands éditeurs de la place. Tous ceux à qui j’ai parlé m’expliquaient combien ces rencontres étaient importantes et combien elles participaient à la vitalité de la création artistique New yorkaise et américaine et aussi à sa diffusion.

Cette diffusion des idées reste cependant assez limitée. La foule était en effet majoritairement constituée d’artistes, d’étudiants en Art et de beaucoup, beaucoup, de bobos –les hipsters, comme on les appelle ici. Un rendez-vous sympathique pour les amoureux du livre, mais tout sauf grand public. De mon côté, je n’ai pas eu à faire grand chose en tant que bénévole et j’ai pu feuilleter les livres, et récolter des marques pages venus des quatre coins du monde.

En attendant de porter l’uniforme complet de ces chers hipsters, j’ai eu le droit au T-shirt et au sac en toile officiels de la Foire, qui auront du succès auprès des bobos parisiens, ce qui est déjà pas mal !

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22 v’là le lecteur !

6 Nov

Voilà plusieurs semaines qu’il me trotte dans la tête, celui-là. Le lecteur américain. Ce lecteur dont parlent tous nos professeurs comme s’il était un être terrifiant et sans merci. Un consommateur sensible et capricieux. Un partenaire dont on fait la connaissance à reculons.

Les éditeurs, l’auteur et le lecteur
Pour Brenda Copeland, la première question qu’un éditeur doit se poser en lisant un manuscrit est : « A qui ce livre s’adresse-t-il ? Qui est le lecteur ? « . De même, l’auteur est censé penser à son lecteur tout au long du processus d’écriture. Pourquoi ? Car ce n’est qu’ainsi que l’auteur et l’éditeur lui donneront ce qu’il attend. Car il ne s’agit pas de surprendre le lecteur mais de lui donner ce qu’il aime lire, soit des livres dans lesquels il peut se retrouver. Elle avoue elle-même qu’elle ne lit pas un livre dans lequel elle ne se reconnaît pas. Le lecteur qu’elle décrit est capricieux : il s’ennuie vite, il faut donc veiller à garder une constante tension. Et à ce que « tous les mots soient justifiés et utiles « . Son approche est guidée par la peur de décevoir le lecteur car alors celui-ci « se fâche« , « en veut à l’éditeur de lui avoir menti sur le contenu du livre« . Et un lecteur fâché est un consommateur qui ne rachètera pas le prochain livre de cet auteur.

Une armée de lecteurs
Si le lecteur fâché fait si peur, c’est qu’aux États-Unis, plus qu’en France, les lecteurs s’expriment. Ces derniers sont en effet regroupés en différents groupes de lecture qui peuvent faire office de prescripteurs. Ce phénomène est si important que de nombreux livres incluent un guide spécialement destiné aux groupes de lecture. Les éditeurs envoient des copies d’avance à certains dans l’espoir qu’ils créent un buzz autour de l’ouvrage. Ils possèdent souvent un site internet ou se regroupent sur des réseaux sociaux comme GoodReads. Les lecteurs peuvent aussi témoigner de leur admiration ou de leur mépris pour un livre sur les sites des principales librairies et surtout, surtout, sur le site d’Amazon. C’est la bête noire des éditeurs car les chiffres montrent qu’un livre qui a beaucoup de mauvaises critiques ne marche pas, ou plus difficilement, même dans les autres librairies ! Il est aussi très mauvais pour un livre de ne pas avoir de commentaires de lecteurs. Conscient de ce pouvoir, Amazon a lancé son propre groupe de lecture : certains clients privilégiés reçoivent en exclusivité des ouvrages à paraître afin de laisser des commentaires. Mais surtout, les équipes d’Amazon propre des critiques de livres sur un blog hébergé par le site. C’est le rêve des éditeurs d’y être mentionné car alors les ventes décollent immanquablement -surtout pour les livres élus « best books of the month ».

Amazon et les lecteurs VS les éditeurs
Quand les dirigeants d’Amazon ont annoncé aux éditeurs qu’ils allaient autoriser les commentaires sur le site, ces derniers se sont arrachés les cheveux. « Quel genre de commerçant autorise ses clients à critiquer ses produits? » se demande un de nos professeurs : « On leur a dit qu’ils se tiraient une balle dans le pied, et qu’on en pâtirait aussi« . Mais Amazon (comme toujours?) n’a rien voulu entendre. Depuis sa création, le site a en effet un objectif : être le paradis du consommateur. « Le fondateur d’Amazon, nous explique notre professeur de Books Distribution, Merchandising and Sales, se met dans la peau du consommateur et y installe tout ce qu’il souhaiterait y trouver, quitte à ce que cela aille à l’encontre des intérêts d’Amazon à court terme. Et il a réussi : les Américains font confiance au site et reviennent« . Si cette stratégie a bénéficié au site, elle ne sert pas toujours les intérêts des éditeurs, loin de là. Au contraire, Amazon persiste à se distinguer des éditeurs et à liguer les lecteurs contre eux. Par exemple, si un livre n’est pas disponible sur Kindle, Amazon ajoute une mention « Tell the Publisher! I’d like to read this book on Kindle ». Pour les ebooks dont le prix a été fixé par l’éditeur dans le cadre de l’Agency Model, Amazon l’indique aussi de façon à se dédouaner en cas de prix plus élevés. Et ça marche ! Les commentaires de clients excédés de devoir payer plus que les 9.99$ auxquels ils étaient habitués et blâmant les éditeurs se succèdent sur le site.

La fin du B2B
Cependant, cette situation pourrait bientôt changer. Alors que Borders est au bord de la faillite, que Barnes & Nobles lutte pour rester debout et que les librairies indépendantes ne sont responsables que d’une infime partie des ventes, les éditeurs se tournent vers d’autres canaux pour vendre leurs livres. Et devront s’organiser pour vendre directement aux lecteurs/consommateurs –ce qui ne sera pas si facile. Pour l’instant, le premier client de l’éditeur est le libraire, c’est donc d’abord à lui qu’il s’agit de plaire. Mais tous les intervenants nous le répètent: le Business to Business est fini, l’éditeur doit apprendre à communiquer directement avec son lecteur. Reste encore à s’entendre sur ce que  c’est qu’un lecteur et sur ce qu’on veut lui proposer…

Prépare les pop-corn, je choisis un livre !

22 Oct

Connaissez-vous Gary Shteyngart ? Auteur d’un des Best Sellers du moment, Super Sad True Love Story, il a crée un véritable buzz suite au book trailer de son roman que l’on nous a présenté comme un modèle du genre.

Un book trailer, pourquoi ?
Les book trailer se sont multipliés à partir de 2006 et donnent lieu à un large débat. Appliquer aux livres les méthodes de promotion des films pose en effet une question fondamentale : comment traduire en images ce qui n’en a pas ? En effet, ce ne sont pas les livres illustrés qui furent les premiers à bénéficier d’une telle promotion mais les romans. Or comment adapter ceux-ci au rythme imposé par la bande-annonce, format qui doit susciter l’émotion, tout au moins la curiosité du spectateur en quelques secondes ? De plus, comment en mesurer l’impact sur les ventes ?
Ce sont ces mêmes questions que se pose Ruth Liebmann, de la direction du marketing de Random House : »Les book trailer sont de plus en plus fréquents, presque un livre sur trois« . Mais ce format n’est pas fait pour tous les livres, encore moins pour tous les auteurs : « Après le buzz de Gary Shteyngart, tous les auteurs ont appelé pour faire la même chose. Le problème, c’est que beaucoup d’entre eux ne sont pas des rigolos, et c’est difficile de leur faire comprendre« .
Pour l’instant l’usage est encore restreint mais la concurrence est telle que tous les moyens sont bons pour faire parler d’un livre. Puisque « les critiques dans la presse ne font plus vendre, il faut faire du buzz« . De plus, le trailer permet de toucher un nouveau public (les jeunes, mais pas seulement) à travers un format que la plupart connaissent et qu’ils ont l’habitude de diffuser.
Mais la pratique du book trailer a aussi fait un bond quand Amazon.com les a intégré à ses pages produit: « Désormais, si votre livre n’a pas de trailer, vous avez un blanc sur la page, et ce n’est jamais bon sur Amazon : cela donne l’impression que le livre est moins soutenu par la maison d’édition, donc moins important« , nous explique-t-on.

Impacts et limites
Pour l’instant, la plupart de ces vidéos sont réalisées en interne par les plus jeunes des équipes marketing ou numériques, comme chez Abrams, et ne sont pas très chères, mais certaines maisons commencent à confier ce travail à des sociétés spécialisées. Cette pratique n’est pas encore entrée dans les mœurs et nombreux sont les directeurs des ventes (les plus âgés, il est vrai) qui regardent d’un œil suspect ces vidéos présentées en réunion. On peut en effet douter de leur impact quand on regarde les chiffres de certaines sur youtube. De plus, on ne peut que regretter que la promotion de livres se fasse par des images. Est-ce que bientôt on s’enverra des liens vers des vidéos youtube en disant simplement « Lis-ça » ? C’est en tous les cas, le pari que font certains sites internet qui regroupent des book trailer.

Avant de partir, voici la (ridicule?) bande-annonce de Pride and Préjudice and Zombies dont je vous parlais précédemment:

Revue de presse #2

17 Oct

Aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler d’enfants. De leurs livres plutôt. Enfin, des livres qu’ils sont censés lire.  Et de ceux qu’ils préfèrent. Et des livres que leurs parents lisent aussi.

Cette semaine, le New York Times annonçait, dans un article de Julie Bosman, que les « livres illustrés ne sont plus la base de la littérature jeunesse« . Ces derniers ont été remplacés par les romans dans le cœur des enfants et des parents. Résultat : les éditeurs en publient moins et les libraires hésitent à les mettre en avant. Plusieurs causes à cela : le coût de ces livres tout d’abord. Chers à produire, ils peuvent souvent coûter plus qu’un livre de texte pourtant plus épais. Mais les parents pousseraient aussi leurs enfants à lire des livres de texte pour leur assurer, dès le plus jeune âge, une meilleure éducation. Les livres illustrés sont considérés comme trop faciles. Si la journaliste souligne la richesse des albums jeunesse et leur double niveau de lecture, il apparaît cependant que les enfants eux-mêmes sollicitent de gros pavés, à l’origine destinés aux jeunes adolescents. D’où la multiplication des romans pour tous âges dans les rayons des librairies.

Loin de signifier la fin des livres illustrés pour enfants, cet article met surtout en avant la croissance des romans « Young Adults » (jeunes adultes, littérature ado en France) : de plus en plus de livres se réclament de cette catégorie qui attire désormais un public très large, au-delà des jeunes ados. La littérature pour Young Adults (Y.A.) est une vraie tendance aux États-Unis : « Il y a cinq ans, nous explique un de nos professeurs, personne ne prononçait ce mot et maintenant la Y. A. est partout : les libraires en réclament, les studios de ciné achètent les droits et cela rapporte beaucoup d’argent. » Dans un contexte économique difficile pour le livre, la jeunesse continue de bien se porter et occupe de plus en plus de place dans les rayons des librairies, là où les romans sont écartés au profit des liseuses électroniques. Cibles privilégiées des éditeurs, l’enfant et l’adolescent le sont aussi des critiques littéraires : The Guardian a annoncé le lancement d’un site dédié aux livres des « jeunes lecteurs ». Le journal entend même présenter « des critiques de nos jeunes lecteurs sur les derniers romans Y. A., les livres jeunesse, des interviews d’auteurs… ». L’enfant n’est plus un lecteur passif : en partageant des lectures avec les plus grands, il a acquis une voix qui compte et qu’on ne peut ignorer.

Twilight, de Stéphanie Meyer, est sans doute un des exemples les plus évidents de cette rencontre des adultes, des ados et des plus jeunes autour d’un même livre : en plaisant à la fois aux jeunes filles et à leur mère, la trilogie a mis la Y. A. sur le devant de la scène et en a montré le potentiel. Twilight est aussi au cœur d’une autre tendance qui touche à sa fin : celle des vampires. Pour surfer sur le succès des œuvres de Stéphanie Meyer, des centaines d’ouvrages mettant en scène des vampires ont été publiés, rapportant beaucoup d’argent à leurs auteurs et aux maisons d’édition. Mais la tendance se termine et il s’agit donc d’être le premier à trouver la prochaine ! Certains annoncent celles des zombies. Récemment, plusieurs romans classiques ont été revisités « à la mode zombie » pour mieux attirer les jeunes lecteurs, comme ce fut le cas avec Pride and Prejudice and Zombies, un NY Times Bestseller publié en 2009 par Chronicles. En attendant un nouveau succès qui réunisse toute la famille, les mamans de ces young adults sont l’objet d’une tendance intitulée « second chance lit ». Dans ces romans, l’héroïne est une femme de 30 à 50 ans qui, à la suite d’un événement dramatique (divorce, décès d’un proche…), décide de commencer une nouvelle vie. Un exemple ? Eat, Pray, Love d’Elizabeth Gilbert, dont l’adaptation ciné est actuellement en salles avec Julia Roberts dans le rôle principal. Un succès phénoménal ici.

Des enfants qui lisent comme des grands, des mamans qui repartent à zéro et des zombies qui envahissent la littérature pour mieux séduire ces mêmes enfants… des tendances à suivre donc !

Bienvenue chez TONY

4 Oct

J’avais très envie d’aller visiter les locaux de Time Out NY et de rencontrer les gens qui y travaillent, mais il faut quand même beaucoup de motivation en ce jour de pluie pour s’aventurer jusqu’à la dixième avenue, large artère où les voitures passent à toute vitesse et où les piétons sont rares.

Porte ouverte
C’est d’ailleurs en nous parlant de cette adresse excentrée que Michael Freidson, le rédacteur en chef, nous accueille : « Au début, les locaux étaient en plein Soho, au cœur de la vie culturelle. Mais l’équipe a grandi et les loyers ont augmenté : il y a six ans, on est venu au milieu de nulle part, ce qui est bizarre quand on parle de ce qui fait vibrer la ville… ». Michael Freidson n’aime pas le quartier, mais ce n’est pas grave car il adore son boulot.

Le rédacteur en chef de la branche new-yorkaise du célèbre magazine fondé à Londres en 1968 par Tony Elliot nous fait visiter les bureaux en souriant. On rencontre notamment les responsables du développement web : chargés d’alimenter et de développer le site au quotidien, ils sont installés au cœur de l’open space, « ce qui montre l’importance que le web a pris dans la construction de notre offre », précise Freidson. Puis direction son bureau où une immense vitre donne à voir la ville, toujours pressée et occupée, qu’il essaye de capturer dans son magazine. Pourtant il parle de sa porte : « Elle est toujours ouverte à la créativité. Je veux que mes collaborateurs se sentent en confiance et n’hésitent pas à venir me présenter leurs idées. On a besoin d’idées. » C’est lors d’un de ces fréquents brainstorming, « en pleine récession », qu’il a été décidé de mettre en avant les évènements gratuits. L’ initiative leur a attiré beaucoup de nouveaux lecteurs.

Internet et les copains
Dans la salle de conférence, on lui demande de définir son magazine et le lectorat visé. Il répond avec une formule qu’il sait efficace : « On est à la fois un service public et un bon pote, celui qui te tire de ton canapé un vendredi soir pluvieux et te montre tout ce qu’il y a à faire à NYC. […] Notre cible, c’est ceux qui ont entre 21 et 34 ans, au moins dans leur tête. » Et quand on parle de Facebook, de Foursquare et d’internet, il est rapide : « Facebook est le premier moyen par lequel les gens entendent parler d’une soirée, d’une expo ou d’un article. Ça a remplacé le bouche à oreille. Mais maintenant que tout le monde est présent sur les réseaux sociaux, il s’agit d’être plus visible que la concurrence. » La stratégie de TONY est simple : des mots et des photos. « Les mots, c’est l’outil le plus efficace qui existe pour diffuser une information. On essaye d’utiliser des mots qui décrivent succinctement ce dont on parle plutôt que des dizaines d’adjectifs comme ‘‘cool’’, ‘‘super’’… » Quand à l’iPad et à toutes les liseuses qui apparaissent et augmentent le déplacement des magazines papier vers internet ? Il garde son assurance. D’abord parce que selon lui, il ne s’agit que d’une question de support : il y aura toujours besoin de contenu. De plus, le principe de Time Out s’adapte parfaitement à internet et se construit de plus en plus pour le numérique : « Tant qu’on saura sélectionner la bonne information pour nos lecteurs, ça ira ». Cependant, il estime avoir encore un peu de temps : « Pour l’instant, les jeunes n’achètent pas d’iPad, c’est trop cher. Mais bientôt, vous en aurez tous un».

« L’humour : c’est rapide et facile, et ça marche à tous les coups. »
Après cette prophétie, Adam Fulrath, le directeur artistique, vient nous parler des couvertures de TONY. Il énumère les règles qu’il s’impose. Tout d’abord, l’image, s’il y en une, doit provoquer une forte réaction. Le titre doit montrer que le magazine ne se contente pas de raconter mais qu’il offre quelque chose (une solution, un point de vue…). Selon lui, le « gai » vend mieux que le « triste », alors il faut rester positif… Et le titre ne doit pas être vague, mais concis et précis. La plupart du contenu du magazine doit être annoncé sur la couverture mais celle-ci doit encore être lisible et compréhensible à 1,5 mètre de distance. Dernière règle: « Utilisez l’humour : c’est rapide et facile, et ça marche à tous les coups. »

Nous essayions donc d’être drôles quand, répartis en groupes, nous sommes chargés d’imaginer une proposition pour la prochaine couverture. La une est consacrée aux secrets (honteux) que des centaines de new-yorkais ont bien voulu confier aux journalistes de TONY…

En attendant de savoir si une de nos idées a été retenue, vous pouvez aller lire le récit en anglais de cette visite sur le blog du master. En prime, vous y verrez des photos de la rencontre. Enfin, un dernier petit plaisir avant de vous quitter: allez lire un texte de Sophie Harris, journaliste à la rubrique musique, qui raconte comment elle s’est débrouillée pour arriver à NYC et décrit pourquoi elle aime cette ville. On parie combien que vous aurez envie d’emménager ici après ?

[UPDATE] Découvrez la couverture choisie par l’équipe de TONY et le groupe qui en a eu l’idée ! Cliquez ici.

Why I love NYC

27 Sep

Demain, nous allons visiter Time Out NYC et rencontrer des éditeurs et journalistes avec qui nous réfléchirons notamment à la prochaine couv. En attendant le récit de la visite, jetez un coup d’œil à leur dernière édition pour découvrir les coups de cœur de différentes personnalités de la ville. Coup de chapeau à leur une, on essaiera de faire aussi bien…

Revue de presse #1

24 Sep

De quoi parle-t-on dans les couloirs de NYU, entre les rayons de B&N et à la machine à café chez Abrams ?

Du livre du moment, Freedom de Jonathan Franzen, dont vous avez peut-être déjà entendu parler et que tous les critiques, des plus mainstream à la sainte New York Review of Books, se doivent de mentionner. Cet engouement a encore amplifié quand Oprah a fait de Freedom la dernière sélection de son book club, le plus populaire des États Unis. Ce qui va se traduire par une augmentation vertigineuse des ventes.

Pendant ce temps-là, dans The Guardian, Lionel Shriver se plaint de l’image « datée et condescendante » que les éditeurs ont des femmes en général, et des femmes écrivains en particulier. Selon elle, qu’importe le sujet de ses ouvrages, ceux-ci auront une couverture destinée à attirer les lectrices en leur faisant croire qu’il s’agit là d’un livre sur et pour les femmes, écrit par une d’elle. L’image des femmes que véhiculerait l’édition n’est pas un sujet nouveau, et nombreux sont celles et ceux qui dénoncent, par exemple, les représentations des personnages féminins dans les ouvrages pour la jeunesse. La fille a le choix entre la princesse, l’infirmière ou l’amoureuse… Argumentation intéressante donc et vrai sujet, dont on reparlera plus tard ici. En tous les cas, cet article aura permis à Lionel Shriver de faire sa propre pub en multipliant les liens commerciaux et vers des critiques sur ces ouvrages… Messieurs, maintenant que vous avez compris qu’il ne faut pas tenir compte de la couv, vous achèterez bien un de ses livres ?

Sinon, vous pouvez acheter Le Petit Prince de Joann Sfar qui sort en octobre aux États Unis, chez HMH. Une première impression à 18 OOO exemplaires a été lancée pour la version anglaise, tandis que la version française sort en même temps ici. La publication de l’œuvre de Sfar aux USA, pourtant sortie en France en 2007 chez Gallimard, fait suite à celle du magnifique pop up du Petit Prince, publié aussi par HMH en 2009 et qui est déjà en rupture de stock. Rappelons que l’œuvre de Saint-Exupéry a d’abord été publiée à NYC, chez le même éditeur. La boucle est bouclée, donc, et joliment.

Je vous laisse, rassurée à l’idée que les oiseaux du Petit Prince sont en sécurité ici car les gratte-ciel de NYC s’éteignent pour les protéger.