Revue de presse #2

17 Oct

Aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler d’enfants. De leurs livres plutôt. Enfin, des livres qu’ils sont censés lire.  Et de ceux qu’ils préfèrent. Et des livres que leurs parents lisent aussi.

Cette semaine, le New York Times annonçait, dans un article de Julie Bosman, que les « livres illustrés ne sont plus la base de la littérature jeunesse« . Ces derniers ont été remplacés par les romans dans le cœur des enfants et des parents. Résultat : les éditeurs en publient moins et les libraires hésitent à les mettre en avant. Plusieurs causes à cela : le coût de ces livres tout d’abord. Chers à produire, ils peuvent souvent coûter plus qu’un livre de texte pourtant plus épais. Mais les parents pousseraient aussi leurs enfants à lire des livres de texte pour leur assurer, dès le plus jeune âge, une meilleure éducation. Les livres illustrés sont considérés comme trop faciles. Si la journaliste souligne la richesse des albums jeunesse et leur double niveau de lecture, il apparaît cependant que les enfants eux-mêmes sollicitent de gros pavés, à l’origine destinés aux jeunes adolescents. D’où la multiplication des romans pour tous âges dans les rayons des librairies.

Loin de signifier la fin des livres illustrés pour enfants, cet article met surtout en avant la croissance des romans « Young Adults » (jeunes adultes, littérature ado en France) : de plus en plus de livres se réclament de cette catégorie qui attire désormais un public très large, au-delà des jeunes ados. La littérature pour Young Adults (Y.A.) est une vraie tendance aux États-Unis : « Il y a cinq ans, nous explique un de nos professeurs, personne ne prononçait ce mot et maintenant la Y. A. est partout : les libraires en réclament, les studios de ciné achètent les droits et cela rapporte beaucoup d’argent. » Dans un contexte économique difficile pour le livre, la jeunesse continue de bien se porter et occupe de plus en plus de place dans les rayons des librairies, là où les romans sont écartés au profit des liseuses électroniques. Cibles privilégiées des éditeurs, l’enfant et l’adolescent le sont aussi des critiques littéraires : The Guardian a annoncé le lancement d’un site dédié aux livres des « jeunes lecteurs ». Le journal entend même présenter « des critiques de nos jeunes lecteurs sur les derniers romans Y. A., les livres jeunesse, des interviews d’auteurs… ». L’enfant n’est plus un lecteur passif : en partageant des lectures avec les plus grands, il a acquis une voix qui compte et qu’on ne peut ignorer.

Twilight, de Stéphanie Meyer, est sans doute un des exemples les plus évidents de cette rencontre des adultes, des ados et des plus jeunes autour d’un même livre : en plaisant à la fois aux jeunes filles et à leur mère, la trilogie a mis la Y. A. sur le devant de la scène et en a montré le potentiel. Twilight est aussi au cœur d’une autre tendance qui touche à sa fin : celle des vampires. Pour surfer sur le succès des œuvres de Stéphanie Meyer, des centaines d’ouvrages mettant en scène des vampires ont été publiés, rapportant beaucoup d’argent à leurs auteurs et aux maisons d’édition. Mais la tendance se termine et il s’agit donc d’être le premier à trouver la prochaine ! Certains annoncent celles des zombies. Récemment, plusieurs romans classiques ont été revisités « à la mode zombie » pour mieux attirer les jeunes lecteurs, comme ce fut le cas avec Pride and Prejudice and Zombies, un NY Times Bestseller publié en 2009 par Chronicles. En attendant un nouveau succès qui réunisse toute la famille, les mamans de ces young adults sont l’objet d’une tendance intitulée « second chance lit ». Dans ces romans, l’héroïne est une femme de 30 à 50 ans qui, à la suite d’un événement dramatique (divorce, décès d’un proche…), décide de commencer une nouvelle vie. Un exemple ? Eat, Pray, Love d’Elizabeth Gilbert, dont l’adaptation ciné est actuellement en salles avec Julia Roberts dans le rôle principal. Un succès phénoménal ici.

Des enfants qui lisent comme des grands, des mamans qui repartent à zéro et des zombies qui envahissent la littérature pour mieux séduire ces mêmes enfants… des tendances à suivre donc !

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2 Réponses to “Revue de presse #2”

  1. Emmanuel octobre 17, 2010 à 7:27 #

    En France, beaucoup d’éditeurs généralistes cherchent à développer une collection young adults ; c’est un moyen efficace pour toucher un nouveau public sans toutefois créer une vraie collection jeunesse.

    Et quel accueil est réservé aux États-Unis au livre jeunesse signé par Barack Obama ? http://www.randomhouse.com/catalog/display.pperl/9780375835278.html

    • Constance octobre 20, 2010 à 2:46 #

      Le livre n’est pas encore sorti, mais l’annonce de la parution de l’ouvrage a déjà fait couler beaucoup d’encre. Surtout que le livre sortira en pleine campagne électorale. Cependant, il ne s’agirait pas d’un choix d’Obama mais de l’éditeur: Obama a livré son manuscrit et signé son contrat d’auteur en 2006, alors qu’il n’était pas encore Président des États-Unis. Si le montant des avances qu’il a reçues est connu de tous et fait l’objet de nombreux commentaires, le contenu de l’ouvrage reste secret et fait l’objet de nombreuses spéculations. Rdv en librairie le 16 novembre !

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